Peut-on être accro au sucre ?

Faut-il assimiler sucre et aliments sucrés à des drogues ? Ont-ils un caractère addictif ?  Plusieurs chercheurs considèrent que les aliments sucrés peuvent conduire à une forme d’addiction, un point de vue farouchement combattu par l’industrie du sucre. Que dit la science ?


10 à 20% de la population « accro » à certains aliments, surtout sucrés/gras

En fait, l’addiction certains aliments, notamment les aliments sucrés, a de nombreux points communs avec les drogues.

On s’aperçoit que ce sont les aliments ultra transformés, avec graisses ou sucres ajoutés, ou riches en glucides et en sel, qui génèrent le plus de comportements addictifs. En haut de la liste de ces aliments les plus désirés trônent le chocolat, les confiseries et les biscuits, cookies ou gâteaux. On considère que 10 à 20% de la population présente ainsi des symptômes d’addiction à des aliments ultra transformés.


Le sucre active les circuits de la dépendance

L’analogie ne s’arrête pas là puisque chez l’homme obèse, les zones du cerveau associées à l’addiction aux drogues sont également activées par l’anticipation des aliments préférés et par leur consommation. Les aliments sucrés modifient l’activité du cerveau via des cellules gustatives spécialisées du tube digestif et des mécanismes neuronaux qui utilisent les signaux liés à la présence de glucose. Le sucre stimule aussi l’activité des neurones qui fabriquent la sérotonine, un neurotransmetteur inhibiteur, en augmentant l’accès au cerveau de son précurseur, l’acide aminé L-tryptophane. Le Pr Richard et Judith Wurtman (MIT, Cambridge) ont, les premiers, montré dans les années 1980 que ce phénomène explique pourquoi certaines personnes ont besoin de sucré, et utilisent les aliments sucrés comme un médicament antidépresseur, antistress ou calmant, de la même manière qu’on utilise les antidépresseurs sérotoninergiques modernes.


L’industrie mise sur le caractère potentiellement addictif du sucre et du sucré

En fait, l’industrie du sucre connaît les études qui documentent l’attirance et la dépendance pour le sucré et qu’elle les finance même via le Centre Monell sur le goût et l’odorat, un institut de Philadelphie qui reçoit des fonds (entre autres) de la Sugar Association, Mars, Pepsi, Coca-Cola, Kellogg, General Mills, Unilever ou Wrigley.  Les chercheurs du Monell Center ont établi que le sucre diminue la douleur chez l’enfant.

Ils ont aussi trouvé que l’attirance des enfants pour le sucré est probablement le résultat d’une adaptation à caractère évolutionnaire. L’industrie exploite ces études sur l’attirance des enfants pour le sucré en commercialisant une multitude d’aliments très sucrés à destination de ce public, dans l’espoir de créer une dépendance qui se poursuivra à l’âge adulte.

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